Djiba, le c½ur de l'homme
A quelques mois de l'expiration de son contrat, Dino Djiba poursuit sa longue traversée du désert. Contrariants pour son destin de footballeur, les blessures et les choix de ses entraîneurs n'ont pas touché à l'essentiel : le c½ur de l'homme.
L'image a échappé à la rafle perpétuelle du temps. Celle d'un Dino Djiba, sourire éclatant, se livrant sans retenue à l'explosion de joie de tout un vestiaire. C'était le 27 avril dernier. Le palmarès messin venait de s'enrichir d'un titre de champion de France de Ligue 2. Une aventure s'achevait, à laquelle le Sénégalais n'avait en réalité que très peu contribué : la soirée du sacre, face au Havre, avait été pour lui l'occasion d'enfiler le maillot grenat pour la deuxième fois de la saison. Deux autres apparitions allaient suivre avant le retour en Ligue 1.L'image a pris des rides. Le sourire a pris des coups. Comme l'âme qui le nourrit. Dans le lot des promesses suscitées par le retour à l'élite du FC Metz, celles que s'était faites Dino Djiba se sont envolées rapidement. « Je sortais d'une année difficile, passée à me remettre de ma blessure au genou. Je me disais que si je faisais une bonne préparation, tout irait mieux pour moi. A Vichy, pendant le stage, j'ai tout donné, c'était intense. Vous connaissez la suite... » Cinq matches, deux titularisations et puis, le vide. Ses dernières gouttes de sueur, sous le maillot de l'équipe pro, ont séché depuis longtemps : il faut en effet remonter au 30 août, et à la réception de Bordeaux, pour retrouver la trace de Djiba sur une feuille de match. « Après, j'ai été écarté. Mes prestations n'avaient pas été médiocres, pourtant. Peut-être qu'il m'aurait fallu quelques matches de plus pour m'affirmer vraiment. Mais bon, je n'ai jamais demandé d'explication à Francis De Taddeo. Je fonctionne comme ça. J'ai été formé à l'école Jean Fernandez : un joueur joue, un entraîneur fait ses choix. »
Les regrets sont là, évidemment. « J'en ai beaucoup, beaucoup, beaucoup. » La porte de la rancune, Dino la referme, pourtant, d'une main sincère : « Si je suis professionnel, c'est grâce à Francis. Je ne le remercierai jamais assez, même si je n'ai pas beaucoup joué ces deux dernières saisons. Je suis déçu, mais je n'en veux à personne. » Les cent quatre-vingt huit centimètres du milieu de terrain ne mentent pas : Dino est un homme grand. Deux mois après le départ de celui qui avait accompagné ses premiers pas à Metz, « j'avais quatorze ans quand je suis arrivé », le milieu de terrain, vingt-deux ans aujourd'hui, n'est toujours pas réapparu en Ligue 1. Et si elle se traduit aujourd'hui par sa réintégration au groupe pro, la nomination d'Yvon Pouliquen a d'abord été pour lui synonyme de « retour à la case départ. » A savoir au quotidien de la réserve, qu'il a taché d'appréhender le plus sérieusement possible. « Je fais mon métier, je ne me plains pas. C'est parfois dur moralement, mais on s'accroche. »
Confirmation de José Pinot : « Il a une vraie conscience professionnelle, on ne peut rien lui reprocher. » L'entraîneur se hisse derrière la façade des choses. « Dino, c'est quelqu'un qui sait ce que signifie la souffrance. Il est passé par des blessures importantes et s'est relevé. C'est un garçon très attachant. » Quant à savoir comment celui-ci a encaissé la privation de haut niveau... « Il se livre peu. Je peux simplement vous dire que sur un terrain, il rayonne. »
« Je ne prends pas ce qui m'est arrivé comme une fatalité. Ce que je n'ai pas eu hier, je l'aurai peut-être demain. Mon avenir ? On verra à la fin de la saison. Je ne serai peut-être plus à Metz au mois de juin, mais pour l'instant j'y suis, alors... Il reste encore quelques matches, je garde donc l'espoir de rejouer en Ligue 1 pour ce club. Ici, j'ai tout appris. » Djiba, une image qui n'est pas prête de ternir.
Cédric BROUT.
Paru le : 04-03-2008
DINO SERA ABSENT POUR UNE DUREE DE 2 A 3 SEMAINES ,IL SOUFFRE D'UNE ELONGATION AUX ADDUCTEURS
![Momar N'diaye et mOi [1'er photo]](http://b0.img.v4.skyrock.net/b08/mesine57/pics/1194520040_small.jpg)
